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tontonriton
Description du blog :
Naissance du cancer à aujourd'hui. Qui suis-je: Homme 55 ans habitant Jard sur mer en vendée
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
11.02.2008
Dernière mise à jour :
19.07.2008
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LES DEBUTS DE L'ENFER

LES DEBUTS DE L'ENFER

Posté le 11.02.2008 par tontonriton
Mercredi 23 janvier 2008,



Pas d'écriture hier, idées un peu trop noires, paresse ou découragement? Je ne sais! peut-être tout à la fois. Ce matin, surprise! 2 commentaires, Philippe et Delph. Quel plaisir de vous lire, mes yeux étaient tout mouillé. Merci, vous m'avez conforté dans ma démarche car je me pose beaucoup de questions. N'est-ce pas un peu impudique de se livrer publiquement, c'est quand même de l'exhibitionnisme. Mais n'est-ce pas ces soutiens que je cherche au fond même si je suis gâté en ce domaine, je reviendrai sur ce sujet ultérieurement car j'ai tellement de merci à donner, à vous qui contribuez à mon paradis.

Bien, revenons un peu en arrière, comme je l'écrivais lors de mon précédent message, j'ai véçu les 5 premières années de ma vie actuelle dans un confort relativement sympa. Presque une vie normale, j'ai pu continuer mes activités professionnelles de saisonnier au camping pendant les 6 mois de printemps été et ma vie de retraité les 6 mois d'automne hiver. Une vie enrichissante à tout point de vue, 6 mois au contact de la clientèle, des échanges de grande valeur, des rencontres très variées, j'ai beaucoup appris de part la diversité des clients, chacun m'apportant un peu plus chaque jour. Puis 6 mois de retraite paisible à satisfaire mes loisirs préférés, mes volailles, mes copains, les petits restos avec les amis, bref une vie de rêve même avec cette maladie.

Et puis vint Août 2006, pleine saison au camping, depuis quelques temps, je ressentais une douleur à l'anus et pensant à des hémoroïdes, je me contentais de passer de la pommade, hélas plus les jours passaient, plus la douleur amplifiait et le 22 Août 2006, je dû être hospitalisé d'urgence pour un abcès interne à l'anus. Je ne vais pas m'étendre sur la douleur, mais celle-ci fût bien présente pendant les 2 mois qui ont suivi. L'organisme s'étant très affaibli durant cette période, ce fourbe de crabe en a profité pour gagner du terrain. Au mois de Novembre 2006, il fallait se rendre à l'évidence, le traitement initial arrivait au terme de son efficacité. Lors de l'I.R.M, le radiologue a constaté des métastases aux lombaires, dorsales, os pubien et tout le bassin droit, je ne pouvais me déplacer sans cannes.

Une seule solution s'imposait, commencer une chimiothérapie d'urgence. J'étais pourtant contre, depuis le début, je me plaisais à dire à qui voulait l'entendre que jamais je n'accepterais un traitement par chimio mot synonyme de début de la fin et que je préfèrerais partir que subir. Seulement la douleur était tellement violente qu'il fallait faire un choix rapide ou mettre fin à la souffrance par une décision extrême mais que je refuse également par respect pour Mary. J'ai donc fait fi de mes a priori sur la chimio et ai accepté le traitement préconisé par ma cancérologue qui me suit depuis et que je remercie. 6 séances furent programmées puis 7, 8 et enfin 9. Associée aux anti-douleurs, cette chimio a quand même eu un effet positif puisque la douleur s'est estompée et j'ai pu remarcher sans l'aide de canne. Je ne m'étendrais pas sur les effets secondaires, il faut parfois accepter le mauvais pour ne pas connaître le pire.
Début juin 2007, fin du calvaire, presque plus de souffrances, beaucoup de fatigue mais résorbé par des piqures d'E.P.O, le dopage de certains sportifs et je confirme, ça vous remet sur pied, une par semaine et le tonus revient.

Quelle joie lorsque ma cancérologue m'a annoncé qu'elle m'accordait 3 mois de répit et que je pouvais reprendre le travail en mi-temps thérapeutique. Enfin, j'allais pouvoir profiter de l'été 2007, chouchouter mes clients, bref respirer la vie à plein poumons.
Hélas, la trève fut de courte durée, dès fin juin, je ne pouvais plus uriner ni aller aux toilettes pour la grande commission, pas facile à raconter cet épisode, je n'aime pas la vulgarité de Bigard mais c'est plus facile d'employer ses mots que de parler de grande commission. Je ne dormais plus, je passais plus de temps aux toilettes que dans mon lit et au boulot çà devenait de plus en plus un calvaire quotidien. Je sentais l'épuisement grandissant de jour en jour, épuisement physique et surtout moral. Ras le bol de l'hopital, de me battre, de cette souffrance omniprésente jour et nuit. Je voyais bien que mes proches se rendaient compte de mon affaiblissement mais j'avais déjà pris la résolution de ne plus faire face et laisser la maladie accomplir sa funeste besogne et clore mon destin. Seulement, la douleur devenait de plus en plus terrible et le corps se refusait à abdiquer même si l'esprit abandonnait. Jusqu'à ce matin du 19 Août 2007, oû dans un état de fatigue extrême, je dû me résoudre à demander à Mary d'aller au travail à ma place. Je savais que j'arrivais au terme du combat, j'allais enfin connaître la délivrance. Seulement, cette "putain" de douleur était là et puis est-ce l'instinct de conservation, le refus d'abandonner, ou tout simplement la peur de mourir ou la rage de vivre, je ne sais mais je trouvai quand même la force de prendre le téléphone et d'appeler Mary au secours. Aussitôt, elle déclenchât la procédure d'urgence, Toubib, SAMU et transport à l'hopital. La souffrance avait atteint son apogée et je me souviens avoir demandé à maintes reprises que l'on mette fin à ma douleur et à ma vie. Plusieurs piqures de morphine eûrent finalement raison de la douleur et je sombrai petit à petit dans une léthargie profonde, je me sentais presque bien, j'entendais les sons et les voix. Je n'avais plus peur, je savais que c'étais la fin mais je la trouvais douce et presqu'agréable, j'avais réclamé aux docteurs la présence de mon épouse, ce qui fut accordé, et de te savoir à mes côtés, chérie, pour le grand voyage me rassurait et je pouvais partir enfin en paix.

Et non, ce n'était pas le jour du départ, après des interventions dont je vous ferais grâce, le lendemain matin, j'étais toujours vivant, forcément puisque je suis encore là. J'ai passé deux semaines à l'hopital dont 10 jours sans boire et manger, c'est terrible la soif, j'avais tout de même droit à un demi verre d'eau par jour comme "traitement de confort", et bien j'affirme que l'eau même tiède c'est bon quand on a soif. Ceux qui me connaissent doivent sourire, no comment! Le petit problème, c'est que la vessie ou plutôt le système d'évacuation de l'urine ne fonctionnait plus et dans l'urgence après avoir percé le ventre l'on m'avait enfoncé une sonde dans cette vessie. Seulement cette sonde étant provisoire, il fallait en installer une permanente par le zizi, dur dur les amis, c'est horrible. Enfin depuis, je vis avec cette sonde "à demeure" comme ils disent, le plus ennuyeux, ce n'est pas de changer la poche toutes les semaines mais la sonde tous les deux mois, d'autant plus que l'urêtre étant prise, c'est affreux et ce n'est pas Sonia, ma petite infirmière préférée qui me contredira.

Malheureusement, le mal continue d'évoluer et dès le mois de Novembre, la douleur a repris le dessus. Je devais subir des rayons à l'hopital de Nantes mais après examen du scanner, il était impossible de cibler la douleur, les métastates ayant envahi tous les os. Ma cancérologue m'ayant proposé un nouveau protocole, je suis de nouveau en chimio depuis 1 mois, nouveau traitement dont les résultats demeurent encore inconnus mais j'ai au moins la satisfaction de travailler pour la recherche médicale et après ma deuxième séance, la douleur a nettement reculé, j'ai même diminué mon traitement à base de morphine de 30%.

Publié par riton à l'adresse 00:24



1 commentaires:
YANN 35 a dit…
Mon tonton Riton, nous ne nous sommes pas revus depuis bien longtemps mais à te lire je me suis senti avec toi. C'est très surprenant de te lire, ton style est vraiment agréable et il te rend très vivant ! Les artistes savent communiquer leurs émotions et l'émotion est bien passée... Que la sensibilité de ton âme soit plus forte que la douleur de ton corps.

Bien à toi,

Yann

23 janvier 2008 08:42



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